Bonjour,
Je cristallise sur cette page qui grandira au fur et à mesure de mes écrits, l’idée que j’ai du suivi et de l’évaluation de programmes. Ces idées peuvent diverger de celles connues de manière standard jusqu’alors…mais quelle est l’utilité d’un blog sinon de laisser ses brouillons à la critique du monde afin de les améliorer ? Si, par hasard, cela permet à un lecteur de peaufiner ses connaissances, j’en serai aussi comblé. Alors, en avant toutes !
Le suivi et l’évaluation de programmes est considéré grosso-modo comme un ensemble d’outils et de méthodes qui permettent de savoir si un programme de développement se déroule comme prévu et s’il produit les effets escomptés.
Un programme de développement est un ensemble de produits et de services délivrés à la société afin que ses conditions de vie s’améliorent. Malgré cela, c’est un produit qu’il faut rentabiliser. Eh oui, en effet, les programmes de développement coûtent en général plus chers que n’importe quel bien de consommation. Il est quasi impardonnable de l’exécuter sans “cahier de charge” et “protocole”. Il doit respecter des standards de qualité et atteidre les objectifs qu’il s’est fixé. Le mot est lâché : objectifs.
Un programme de développement a toujours une raison d’être (sinon à quoi sert-il ? Surtout s’il coûte des milliards ?). Sa raison d’être est la résolution d’un problème donné ou sa mitigation. Et pour atteindre ce but, il est possible de se fixer un certain nombre d’objectifs qui constituent la résolution de certaines dimensions cohérentes du problème.
C’est assez simpliste, mais c’est un peu cela, à des vriantes près, un programme de développement.
Pour suivre et évaluer des programmes, tout un ensemble d’approches a été développé : cela va de l’approche du cadre logique à la cartographie des incidences, en passant par la gestion axée sur les résultats par exemple.
Je suppose que maintenant chacun sait ce que c’est qu’un programme de développement et pour d’autres développements, voir les autres billets ou goooogle !
Mais, revenons à nos moutons.
Ce billet n’est pas fait pour donner un cours sur les programmes de développement, ni sur le suivi et l’évaluation; mais plutôt un ensemble de disgressions sur ce que ce dernier doit être. Mais, bon commençons par ce qu’il est.
Le suivi est une activité qui consite à collecter des données pour renseigner des indicateurs de progrès d’un programme donné et à les consigner périodiquement afin de savoir si les sous utilisés ont été dépensés et que le chantier avance. Indicateur de progrès n’est pas le terme exact; mais il est plus imagé ! En effet, on ne fait que mesurer la progression de l’exécution du programme. Ces indicateurs peuvent être, pour un programme de prévention du paludisme, le nombre de moustiquaires distribuées.
L’évaluation, quant à elle permet de savoir si la condition de vie que le programme est censé amélioré, s’améliore réellement. Dans le cas de notre programme de prévention contre le paludisme, est-ce que le paludisme est moins fréquent qu’auparavent. Un indicateur pour l’évaluation est la prévalence du paludisme.
Mais, la question que je pose est : doit-on se borner à contrôler le bon déroulement et l’efficacité d’un programme de développement ?
Un programme de développement est exactement comme un produit de consommation. Ce produit est consommé par la population. Sa promotion est faite par une équipe de marketeurs, la gestion de sa production est confiée à des gestionnaires, et son développement à une équipe de R&D. Mais est-ce qu’un équipe de R&D se borne à seulment vérifier que le produit repond au cahier de charge ? Non, il a aussi la charge de faire en sorte que le produit soit moins couteux à la production (efficient), plus utilisable par le client et apte à le satisfaire (efficacité), de manière durable (le client doit en avoir pour son argent !) et que le bénéfice qu’il en tire soit maximal (qualité). Il y a encore plein de choses; mais ce qu’un produit vise est la satisfaction du client et à moindre coût. Sinon, il doit être amélioré. Et pour être amélioré, l’équipe de R&D a besoin de données sur les goûts des clients, leur satisfaction, les exemplaires du produit mis au rebut, la durée de vie du produit, etc. Dans le suivi et l’évaluation, c’est cette tâche de collecte et de gestion de données, cosommatrice de ressources, qui est la plus visible. Mais je pense que les gestionnaires de programmes doivennt lever les yeux des activités budgétivores et essayer de rentabiliser le produit qui a consommé autant de ressources : les données.
Les tableaux de bord produits sur la base de s données collectées sont très utiles au contrôleur de gestion. Cela lui permet de faire des contrôles et de savoir ainsi si les choses ont été faites comme elles le devaient. C’était le rôle premier du suivi-évaluateur.
Ensuite, les programmes de développement, vu qu’ils coutent chers, et que beaucoup échouaient (Existe-t-il un Etat qui se soit développé aussi surement, en obtenant tous les résultats prévus et rien que ceux-ci, comme un airbus volant dans les airs et réagissant au doigt et à l’oeil aux sollicitations du pilote ?), il est devenu nécessaire d’appliquer les techniques industrielles aux programmes de développement. Cette importation de méthodes – et même de vocabulaire – ne s’est pas faite sans heurt. Les billets suivant feront un exposé de ces différentes méthodes et approches.